Grexit et corruption : deux problèmes, une solution

Une chose est claire quant au Grexit, l’ensemble des européens en ont raz la casquette d’entendre parler de la Grèce et de sa dette. Depuis combien de temps n’est-il plus possible de commencer sa journée sans passer le gros des informations matinales sur ce mot barbare ? Ca doit coûter un argent fou de passer collectivement autant de temps sur un problème apparemment insoluble ! En tout état de cause, la saturation est indiscutable.

Tout a été dit à ce sujet, le meilleur et le pire… alors que par ces temps de canicule, nous aimerions entendre parler de plages grecques plutôt que des euros que les Grecs n’ont pas. Nous aimerions regarder un Tour de France enfin propre. Nous aimerions oublier le scandale de la FIFA qui a réveillé nos précédents soupçons de corruption du CIO. Nous aimerions penser à nos futures vacances plutôt qu’à nos futurs impôts.

Revenons en arrière et souvenons-nous qu’une partie non négligeable de la dette grecque vient des coûts de préparation des JO de 2004. Des années d’investissement pour voir débarquer en pays conquis le monde entier venu faire sa fête olympique pendant deux petits mois et, une fois les fêtards partis se faire voir ailleurs, 20 ans de politique de rigueur à regarder des installations surdimensionnées tomber en désuétude. On ne peut souhaiter ça à personne.

Dans ce mois de pré-vacances où il nous faut expédier les affaires courantes et autant que possible traiter les boulets que nous trainons depuis des mois, il est parfois nécessaire de trouver des solutions radicales afin d’avoir une chance de partir sereins.

Tout a été dit sur le sujet grec sauf que nous n’avons entendu personne proposer une solution apportant de la richesse à l’économie grecque.

Vous avez deviné : faisons d’une pierre deux coups. La solution à nos problèmes lancinants consiste en une attribution définitive des jeux olympiques d’été au pays d’où ils viennent, la Grèce. La Grèce possède les infrastructures et la légitimité, quant aux suspicions de corruption du CIO lors des attributions, elles disparaissent. En conséquence : décision évidente, mise en œuvre immédiate !…

 

Avant de nous emporter, analysons rapidement. Tout le monde y gagnerait. La Grèce, la première, n’aurait que peu de nouveaux investissements à faire même si l’état des installations de 2004 exige une solide remise à niveau. La Grèce deviendrait le rendez-vous des Olympiades et une référence pour l’organisation des compétitions planétaires. La manne olympique reviendrait tous les quatre ans et donnerait un coup d’accélérateur à l’économie. Ceci n’empêchera pas les nécessaires réformes et restructurations mais devrait sérieusement les accompagner et rendre les plans crédibles.

On ne dépossède personne car on ne prend les JO qu’aux éventuels futures attributaires notamment la France candidate pour 2024. Si nous analysons le cas de la France : vous imaginez l’économie immédiate pour le budget de l’Etat et pour la ville de Paris, le temps gagné à ne plus avoir à faire la danse du ventre devant le CIO. Vous ajoutez une véritable perspective de se voir rembourser la dette grecque. Bref, à partir d’aujourd’hui, je suis contre la candidature de Paris aux JO de 2024.

Quant au Brésil, bénéficiaire de JO de 2016, et à la Russie, 2020, il est probablement préférable de leur conserver ces attributions. A étudier…

Lorsque les JO seront définitivement grecs, il ne sera plus nécessaire de faire le moindre dumping fiscal pour les attirer, les activités liées aux JO seront taxées au taux d’imposition grec. Le temps où les JO étaient l’occasion de participer à la croissance d’un pays en y provoquant les investissements sportifs nécessaires est dépassé. Nous ne sommes plus dans une économie de joyeuse croissance où construire des stades olympiques dans tous les pays du Monde était un rêve de progrès.

A l’échelle mondiale, attribuer les JO à la Grèce relève du développement sobre.

 

Qui pourrait s’y opposer sans éveiller de réels soupçons d’appartenance au système de corruption en place ? Ainsi tous les votants sont pour… Alors que la corruption au sein des organismes supranationaux coûte à l’ensemble de l’économie planétaire, il n’y a malheureusement aucun réel contrepouvoir ou garde-fou qui nous protège de ce désastre. Face à l’ordre établi et corrompu, il n’existe pas vraiment d’action thérapeutique douce. La plus efficace est de bouleverser les règles du système afin que les canaux parallèles ne soient plus alimentés (on n’oubliera pas de garantir un contrôle efficace du nouvel ensemble).

Le problème de l’attribution des jeux étant résolu, le CIO pourra se consacrer au sport, à la lutte antidopage et peut-être même à l’esprit olympique.

En bref, plutôt que de passer encore des mois à craindre que la FIFA et le CIO soient tous pourris, plutôt que de passer des années à nous lamenter que les grecs ne nous rembourseront peut-être pas, et ce tout en les entendant nous dire qu’ils n’en peuvent plus de l’austérité, affectons les jeux olympiques à la Grèce at vitam.

A ce stade, la solution proposée ne coûte rien à personne et apporte un réel bénéfice à la Grèce. Bien que nous n’ayons pas démontré la parfaite adéquation de la solution à l’ampleur du problème grec, nous aurons au moins proposé une solution apportant une réelle source de valeur à la Grèce. Il est à craindre que nous ayons pointé du doigt la carence de gouvernance mondiale et la difficulté à mettre en œuvre une solution mondialement bénéfique. La gestion des biens communs comme les jeux olympiques ou l’environnement, à l’échelle planétaire, est très certainement un des enjeux majeurs de ce siècle.  

Bonnes vacances

 

PS : à toute critique sur le manque de réalisme de la solution proposée, nous ouvrons quelques pistes parallèles issues du même filon en modifiant (i) la couverture géographique qu’on pourrait restreindre à l’Europe ; (ii) le champ des activités à affecter ; (iii) le pays bénéficiaire.

  • Faire de la Grèce le champion européen de l’organisation des compétitions sportives (championnat d’Europe de divers sports olympiques) ;
  • Loger en Grèce les administrations européennes en charge des sports ou du tourisme, voire de la démocratie puisqu’elle y vit le jour… ;
  • Attribuer la coupe d’Europe de football à la paire Espagne Portugal…
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