L’entreprise idéale, le Medef l’a rêvée…

Dans sa chronique publiée dans le Monde (« Lorsque l’organisation patronale rêve d’une autre entreprise…« ), Jean-Marc Le Gall nous fait partager son étonnement à la lecture du « Manifeste pour un nouveau management« , document rédigé par la commission « Respect de l’Homme » du Medef. Le site internet du Medef vous invite à largement diffuser ce document, nous vous proposons de le lire au préalable.

Le chroniqueur du Monde admet volontiers la pertinence des analyses mais regrette l’absence de solution pratique : « Ce constat est sans appel, et les contours de cette entreprise idéale très convaincants. En revanche,la commission ne dit rien des leviers à mobiliser pour qu’advienne une telle transformation en profondeur. »

En effet, le texte du Medef est riche d’idées généreuses, il manque malheureusement de motivations rationnelles, si bien qu’on risque fort d’en rester au stade des bonnes intentions.

Certes le Medef s’est engagé par cette charte, certes il a confié à ses membres, les chefs d’entreprises, la responsabilité d’en incarner les principes de management et de mettre en œuvre les règles adéquates, mais il est à craindre que nombre de dirigeants aient de la peine à transcrire dans leur quotidien cette charte supplémentaire aux contours indécis.

Utopiste, le document l’est pour deux raisons : (i) il confère à l’entreprise, un rôle sociétal idéaliste qui dépasse largement son objet social, et (ii) les principes retenus et les engagements de la charte sont vagues et peu conformes à la réalité des entreprises d’aujourd’hui.

Toutefois, Jean-marc Le Gall nous prévient, aussi utopiste que puisse paraitre le texte à la première lecture, il est conforté par des observations de plus en plus nombreuses d’entreprises qui, sans suivre l’intégralité de la charte, ont obtenu d’excellents résultats en appliquant certains de ses principes.

Alors que faire dans la pratique ? Tout d’abord, revenir aux sources et à l’objet social de l’entreprise, ensuite ne jamais négliger que les sociétés commerciales ne sont pas des machines mais des entreprises -voire des aventures- humaines.

Si dans votre démarche de dirigeant d’entreprise, et conformément aux principes fondamentaux de la charte,

  • vous acceptez que « La croissance à moyen et long terme n’existe que si elle est partagée ; que si chacun peut prétendre à un traitement juste et équitable »;
  • vous considérez « que l’entreprise est un acteur central de la société et que son rôle doit évoluer ; qu’elle a un devoir d’attention et de solidarité à l’égard de ses parties prenantes »… et « que les compétences des salariés sont un actif important de l’entreprise »,

alors nous vous invitons à considérer combien votre entreprise peut bénéficier d’un meilleur alignement des intérêts des parties prenantes.

Les leviers à mobiliser pour qu’advienne la part économiquement rationnelle de la transformation invoquée par la charte existent. Ils sont adaptables à l’échelle de chaque entreprise. Notre approche simplificatrice et cohérente vous permet de satisfaire aux recommandations de cette charte tout en rationalisant et maitrisant les leviers économiques sous-jacents.

Le premier pas est certainement de définir une politique de rémunérations incitative à la performance collective et récompensant les performances individuelles exceptionnelles. L’enjeu dépasse largement l’application de la loi sur l’intéressement et la participation et ce n’est pas un salarié de plus au conseil d’administration ni une prime contre dividendes qui vont changer la donne au quotidien. L’alignement financier des intérêts des parties prenantes est une condition nécessaire à la réussite de tout projet de valorisation du capital humain. A quoi servent des grands principes qui ne se traduisent pas en espèces sonnantes et trébuchantes ? La confiance réciproque a pour prix la cohérence du discours et de la pratique. La juste rémunération des actionnaires en découle assez naturellement. La théorie économique rejoint l’intuition utopiste, sous certaines conditions qui méritent d’être revues au cas par cas, tout le monde peut y gagner.

L’entreprise idéale : le Medef l’a rêvée… Esteban et la méthode WorK is K la rationalise et vous en met l’essentiel à portée de main.

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