Rendons à César ce qui est à César et…

Si cette crise a un mérite, c’est au moins celui de forcer les esprits à exprimer leurs conceptions du monde que la pensée unique, ou l’absence de pensée, avait fait oublier.

Après Jacques Attali déjà commenté, je vous invite à lire l’éditorial de Jean-Paul Fitoussi dans Le Monde (« La crise économique et l’éthique du capitalisme« ) ainsi que le mot de Bernard-Henri Lévy dans les débats du Point (« Darwin, Lincoln et la réinvention démocratique selon Adam Gopnik« ).

Paraphraser ces brillantes plumes n’aurait pour seule conséquence que de vous ennuyer. Risquons plutôt une synthèse/extrapolation en trois temps.

 

Partons de l’observation du vivant selon la méthode de Darwin. Un monde naturel où la biodiversité est aujourd’hui reconnue comme une valeur à cultiver et où la sélection naturelle amène à l’évolution des espèces.

 

Ensuite observons un à un les mondes construits par l’ordonnancement et la spécialisation des activités humaines.
(i) Le monde politique avec la démocratie pour valeur et le principe « un homme une voix » ;
(ii) le monde économique avec le libéralisme et le capitalisme comme modèles et le principe « un euro une voix » ;
(iii) le monde scientifique où la libre circulation du savoir et de l’information semble une valeur et où j’aimerais voir appliquer un principe du type « une idée une voix » ;
(iv) le monde artistique avec l’esthétique comme valeur et un principe « une émotion une voix »; en enfin
(v) le monde religieux, dans lequel on aimerait voir appliquer la tolérance comme valeur et le principe « une prière une voix ».

Si je mets le religieux c’est seulement pour invoquer la parole du Christ auquel on demande s’il faut payer l’impôt et qui répond la fameuse sentence : « rendez à César ce qui est à César et à mon Père ce qui est à mon Père ». Il n’existe pas de meilleure invitation à la laïcité, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, à la responsabilisation des politiques.

Est-il nécessaire de rappeler qu’Esteban ne participe que des mondes économiques et scientifiques et qu’à ce titre Esteban s’appliquera à concilier et mettre en oeuvre les principes « un euro une voix » et « une idée une voix »?

 

Généralisons et maintenons la séparation des responsabilités des spécialistes de chacun de ces mondes; lorsqu’ils se respecteront ils sauront progresser ensemble.

Lorsque les religieux respecteront les scientifiques, ils sauront dire que les auteurs de la Genèse ont eu la géniale intuition de l’évolution bien qu’ils l’aient écrite en des termes théologiques, par nature scientifiquement pauvres.

Plus proche de nous, lorsque les politiques respecteront les capitalistes, ils sauront leur donner le cadre éthique nécessaire au bon développement des économies, c’est la synthèse principale de nos trois penseurs et nous ne pouvons que nous faire l’écho de leurs invocations.

Et si nous revenons à Darwin et sa minutieuse observation du vivant, nous observerons combien l’artisan menuisier ou l’apiculteur doivent concilier la science, l’économie et l’art. Il est presque curieux de constater que ces mondes sont parfois mieux réconciliés à leur base que dans les hauteurs hiéarchiques qu’ils engendrent.

 

Esteban est convaincu que la réconciliation de ces mondes passe par la valorisation du travail de chacun, et ce en partant de la base comme Darwin. « Le travail, sous toutes ses formes, surtout à visée altruiste, est la seule justification à l’appropriation de richesses » (Jacques Attali – La crise, et après?). Par une juste rémunération du travail et du capital, notamment selon le modèle que nous avons développé, le capitalisme et plus précisément le monde économique et financier se réconciliera avec les autres mondes.

Aussi avons nous  adopté comme devise : « Le Travail est Capital« , elle nous a guidé dans l’élaboration de notre méthode de partage équitable de la valeur ajoutée entre travail et capital. En participant à la mise en oeuvre d’innovations économiques en matière de partage de valeur, Esteban aspire, à l’échelle de sa modeste dimension, à donner aux agents économiques les moyens de valoriser leur contribution au progrès au sens le plus large.

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